Sol-AID : un outil innovant pour le calcul de la minéralisation de l’azote du sol en Bretagne

Suite au projet Mh , la CRAB et l’UMR INRA-Agrocampus SAS ont mis en place un nouveau projet, Sol-AID. Ce projet a comme objectif principal de créer un outil d’aide à la prescription de la fertilisation azotée disponible sur une application web et avec son site internet dédié. Il consistera en un portail web sur lequel les données seront disponibles et cartographiées et en un service de calcul interopérable conforme au standard WPS (1).

Ce service web WPS permettra de réaliser aisément des passerelles avec les différents outils des prescripteurs et avec les portails cartographiques Sols de Bretagne et Mh. Le second objectif consistera en une évaluation expérimentale de l’outil au champ pendant 3 années consécutives. Vous pouvez-trouver plus d’informations sur ce projet

ICI

 

1 Le Web Processing Service (WPS) est un standard de l’Open Geospatial Consortium (OGC). Il est conçu pour normaliser les appels et réponses de services de traitements de données SIG sur le Web. Le WPS est un standard de l’OGC depuis 2005. La version actuelle a été publiée en 2007. Le WPS est conçu pour travailler avec des données géospatial mais peut très bien supporter tout type de données. Le WPS permet de déployer, publier et utiliser tout type de traitements SIG (simple ou complexe) normalisés et interopérables.

Source : consulté le 10 décembre 2012.

Laure Beff

Web Reseau Mh : vers une meilleure connaissance de la minéralisation de l’azote du sol

Web Reseau Mh permet la diffusion des résultats du projet Mh, un projet de Recherche et Développement dont les objectifs étaient :

  • d’obtenir un référentiel sur la minéralisation de l’azote des matières organiques humifiées du sol (MOS) en Bretagne ;
  • de hiérarchiser les déterminants (climat, sol, pratiques culturales) de la minéralisation de l’azote des MOS ;
  • d’améliorer la prévision de la minéralisation de l’azote des MOS.

Pour cela, un réseau constitué de 141 parcelles réparties sur l’ensemble de la Bretagne, et a été suivi pendant 5 ans, de 2010 à fin 2014. La minéralisation a été quantifiée par la mesure des composantes du bilan azoté d’une culture de maïs non fertilisée (rendement et N absorbé par la culture, quantités de N minéral du sol au printemps et à l’automne, lixiviation estimée par approche modèle (STICS)). Une importante base de données sur les sols a été constituée pour expliquer la variabilité de la minéralisation, avec des mesures physiques, chimiques et biologiques. Un document de synthèse diffusé lors d’une journée de restitution en février 2016 est disponible

ICI

Ce projet de recherche-développement s’inscrit dans le cadre de la reconquête de la qualité de l’eau en Bretagne, et il a été financé par : l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (AELB), le Conseil Régional de Bretagne, les Conseils Généraux du Finistère, des Côtes d’Armor et du Morbihan et la DRAAF. La coordination du programme est assurée par l’AELB, sa maîtrise d’œuvre par la Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne (CRAB), et sa conduite scientifique par l’INRA UMR SAS.

Laure Beff

Directive Européenne INSPIRE

Infrastructure for Spatial Information in the European Community

La directive INSPIRE est la directive 2007/2/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 mars 2007 établissant une infrastructure d’information géographique dans la Communauté européenne (INSPIRE).

Types d’actions

 

La directive INSPIRE, approuvée par le Conseil des ministres de l’Union européenne et par le Parlement européen puis publiée au Journal officiel des Communautés européennes (JOCE) le 25 avril 2007, est entrée en vigueur le 15 mai 2007. Elle vise à favoriser l’échange des données au sein de la Communauté européenne dans le domaine de l’environnement pris dans un sens large.

Cette première étape de la publication se poursuit maintenant par deux autres :

* la transposition dans les droits nationaux du texte de l’Union européenne (en théorie d’ici mai 2009),

* la définition au niveau européen de règles de mises en œuvre, qui seront ensuite directement applicables dans tous les pays de l’Union européenne.

La directive s’articule en trois parties complémentaires : les obligations créées, les données concernées, les acteurs impliqués.

Les obligations

 

Elle crée plusieurs obligations :

 

1. la fourniture des données selon des règles de mise en œuvre communes,

2. la constitution de catalogues de données (métadonnées),

3. l’application de règles d’interopérabilité,

4. l’accès gratuit aux métadonnées,

5. l’accès aux données pour les acteurs réalisant une mission rentrant dans le cadre d’INSPIRE,

6. les services pour permettre ces accès,

7. l’existence d’une organisation adaptée pour s’assurer de la bonne mise en œuvre de la directive.

 

La directive regroupe ces obligations sous le vocable de « Infrastructure de données géographiques ».

 

L’ensemble de ces obligations s’appuie en principe sur les normes et standards internationaux, et du point de vue opérationnel selon les règles de mise en œuvre en cours d’élaboration sous l’égide de la Commission européenne. Ces règles deviennent peu à peu des règlements européens, qui s’imposent directement, et sur des guides techniques, sans valeur règlementaire mais qui fournissent des explications et des exemples de bonnes pratiques.

Les données

INSPIRE s’applique à 34 domaines thématiques, se décomposant en trois groupes principaux :

 

* les données nécessaires au repérage sur le territoire, telles que systèmes de coordonnées, unités administratives, réseaux de transport, hydrographie, parcellaire cadastral, adresses et noms de lieux ainsi que des données relatives aux sites protégés. Cet ensemble constitue l’annexe 1 de la directive.

* les données générales complémentaires, telles que l’altimétrie, l’occupation des terres, la géologie et l’ortho-imagerie. Ces données constituent l’annexe 2.

* les données thématiques telles que bâtiments, vocation des sols, santé et sécurité des personnes, services d’utilité publique et services publics, données sur l’environnement (nombreuses et variées), installations industrielles, agricoles, démographie, périmètres de réglementation, données météorologiques, données maritimes, sources d’énergie et ressources minérales. Ces données constituent l’annexe 3.

 

La fourniture, et si nécessaire la production des métadonnées des thèmes des annexes 1 et 2 devra être terminée en 2010, la fourniture des données commencera dès 2011 et mobilisera les services pendant plusieurs années.

 

INSPIRE n’oblige pas à produire de nouvelles données ni à numériser des données actuellement sous forme papier. La Directive et ses règles de mise en œuvre ne s’appliquent qu’aux données numériques et publiques existantes.

 

INSPIRE ne crée pas d’obligations pour les Etats membres de combler des lacunes dans tel ou tel domaine thématique. Ceci pourrait, dans les années à venir être partiellement réalisé par des programmes européens tels GMES (‘Global Monitoring for Environment and Security’, soit ‘Observation Mondiale pour l’Environnement et la Sécurité ») ou SEIS (‘Shared Environmental Information Service’, soit ‘Système Partagé d’Informations Environnementales’). Ces deux programmes sont en cours de développement (voir liens externes).

Enjeux

 

L’application de la directive INSPIRE constitue une étape importante pour les acteurs concernés. Ceux-ci se sont certes déjà appropriés les technologies de l’information géographique numérique, mais l’intégration de ces données dans leurs systèmes d’information et la mise à disposition de données, tant pour le grand public que pour les autres services publics, sont encore, sauf exception, peu développées et peu mutualisées.

 

Le changement à conduire portera dans trois directions :

 

* améliorer l’information sur les données produites, en fournissant des métadonnées de façon systématique et en respectant les dispositions résultant des règles de mise en œuvre dont l’élaboration a commencé,

* faciliter les échanges de données entre acteurs : l’information géographique numérique ne prend sa véritable dimension que lorsqu’elle est échangée, partagée et enrichie par ses divers utilisateurs. Cette étape de mutualisation est ainsi une véritable source d’économies,

* moderniser les méthodes de travail et rénover les missions des services, en développant de façon significative l’utilisation de données numériques de qualité dans leurs activités quotidiennes.

 

Au niveau européen, la définition des règles de mise en œuvre constitue également une opération importante : de nombreux groupes de travail (par exemple, un pour chaque thème ou ensemble de thèmes de données), un calendrier serré, des règles à produire qui soient rigoureuses, pour permettre une interopérabilité et donc des échanges, assez simples pour pouvoir être mises en œuvre par tous les différents acteurs concernés en veillant à ce que les dépenses engendrées restent acceptables. Un « Comité de règlementation INSPIRE » examine toutes ces propositions et leurs conséquences, chaque pays de l’Union européenne y a désigné un représentant.

 

INSPIRE constitue une opportunité pour permettre aux organismes d’utiliser davantage les informations géographiques numériques.

 

Il existe cinq types d’actions :

 

1. Les États membres veillent à ce que des métadonnées soient créées pour les séries de données géographiques, et soient mises à jour.

2. La Commission européenne adopte des règles de mise en oeuvre fixant des spécifications harmonisées applicables aux données géographiques, et des arrangements pour l’échange et le partage de données géographiques.

3. Les États membres établissent et exploitent des services afin de rendre accessibles par l’intermédiaire de services spécifiques les jeux de données et services de données géographiques, pour lesquels des métadonnées ont été créés. Ces services sont mis à la disposition des autorités publiques et des tiers sur demande.

4. Les États membres adoptent des mesures de partage des jeux de données et des services de données géographiques entre les autorités publiques. Ces mesures permettent aux autorités publiques des États membres ainsi qu’aux institutions et organes de la Communauté d’accéder aux jeux et services de données, de les échanger et de les utiliser aux fins de missions publiques ayant une incidence directe ou indirecte sur l’environnement.

5. Les États membres auront à désigner les structures et mécanismes appropriés pour coordonner les contributions de tous ceux qui ont un intérêt dans leurs infrastructures d’informations géographiques, tels que les utilisateurs, les producteurs, les fournisseurs de services à valeur ajoutée, et les organismes de coordination.

 

En France, le Point de contact INSPIRE, tête de réseau pour la mise en oeuvre de la directive, est le ministère chargé de l’Ecologie. La structure de coordination est le Conseil national de l’information géographique.

 

A l’échelle mondiale INSPIRE va fortement contribuer à développer l’accès aux données géographique et leur interopérabilité, au service du programme mondial pour la création d’un Système Global des Systèmes d’Observation de la Terre (Global Earth Observation System of Systems) lancé en 2005 dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan d’Action des Nations Unies adopté en conclusion du second sommet mondial pour le Développement Durable (Johannesburg, 2001).

 

INSPIRE est un développement de la plus haute importance pour permettre l’accès aux informations environnementales et le co-traitement d’informations de sources publiques multiples et de thèmes différents à l’aide de logiciels SIG. Il s’agit là d’une nécessité pour permettre une meilleure connaissance et une meilleure gestion des multiples facettes de notre environnement. INSPIRE fournit les mécanismes permettant une meilleure utilisation de l’information géographique publique pour le développement des politiques à tous les niveaux et la décision d’entreprise.

Organismes impliqués en France

 

En France, la directive est transposée par une ordonnance 21 octobre 2010[1] publiée au Journal officiel du 22 octobre 2010. Cette ordonnance définit un cadre général pour la diffusion des données géographiques et de leurs métadonnées détenues par les autorités publiques (sous forme de services de recherche, de diffusion et de téléchargement), ainsi que les obligations de partage des données entre autorités publiques.

 

Le « point focal » de la mise en œuvre de la directive est la direction de la recherche et de l’innovation au ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, qui dispose notamment de Carmen, moteur cartographique des DIREN (devenues DREAL depuis) pour la visualisation des données localisées environnementales (Exemple). Ce service est en libre consultation, grâce notamment aux orientations fixées par la directive INSPIRE.

 

En France, au 15.07.10, il y a dix-sept organismes légalement mandatés[2] (LMO) et vingt communautés d’intérêt de données spatiales[3] (SDIC), parmi lesquels :

 

* l’Association française pour l’information géographique (AFIGéO)

* le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)

* le Centre national d’études spatiales (CNES)

* la Chambre de commerce et d’industrie du Gers

* le Conseil national de l’information géographique (CNIG)

* la Direction générale des Impôts (DGI)

* la Direction générale de la modernisation de l’État (DGME) avec l’Agence pour le développement de l’administration électronique (ADAE)

* l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Île-de-France (IAURIF)

* l’Institut géographique national (IGN)

* l’Inventaire forestier national (IFN)

* le Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM)

* Météo-France

* le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM)

* le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM)

* l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER)

* l’Office international de l’eau [1](OIE)

* la Société internationale de photogrammétrie et de télédétection (ISPRS-IIwg7, International Society for Photogrammetry and Remote Sensing) et l’Université de Marne-la-Vallée

* la Poste [2]

* GéoBretagne, plate-forme régionale d’échange de données [3]

 

La liste complète est tenue à jour [4].

 

Les organismes français concernés par l’application de la directive sont ceux ayant une mission de service public et dont les données correspondent aux annexes de la directive, notamment :

 

* l’Institut géographique national (IGN)

* l’Inventaire forestier national (IFN)

* le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)

* la Direction générale des Impôts (DGI)

* l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Île-de-France (IAURIF) et les autres agences d’urbanisme

* Météo-France

* les ministères parmi lesquels le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM), le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (France), …

* le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM)

* l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER)

* les conseils régionaux et généraux

* les Chambres de commerce et d’industrie

* les établissements publics et les entreprises privées fournissant une mission de service public en rapport avec l’environnement, sous l’autorité d’une autorité publique.

 

Les communes sont concernées lorsqu’elles sont investies d’une mission leur imposant la collecte ou la diffusion d’informations relatives aux thèmes définis en annexe à la directive.